Briefing activité du vendredi 7 décembre au soir
Météo pour le samedi
8 : neige à partir de minuit, 1°C, levé
de soleil à 3h02 ;
Coup de vent prévu dans la nuit de samedi à dimanche,
l’Astrolabe devra patienter avant d’accoster au Lion.
Arrivée dans le pack prévu en milieu de matinée.
Je me couche impatient de voir les glaces.
Le lendemain à 7h pendant le petit déjeuner, la première
barrière de pack est annoncé, je termine rapidement mon thé et descends
chercher appareil photo et affaires chaudes. Par le hublot de la cabine je peux
voir filer les premiers glaçons. Arrivé en passerelle c’est exceptionnel, une
longue ceinture blanche semble nous interdire le passage d’un bord à l’autre de
l’horizon. Les petits glaçons se font de plus en plus nombreux et sont de plus
en plus gros, puis le bateau arrive aux premières plaques. Un bruit
retentissant et un secousse parcourent le navire, le brise-glace est à l’œuvre,
les plaques passent de part et d’autre de l’étrave. On continue pendant un
moment puis les eaux libres d’une polynie se profilent devant nous, dans un
dernier sursaut, l’Astrolabe s’extrait
du pack. La passerelle nous informe : c’est seulement une bande de
banquise débâclée, peu importe nous sommes tous redevenus des gamins de 8 ans
qui découvrent de la neige pour la première fois.
Un autre pack plus conséquent est annoncé pour 10h30 je
reste en passerelle, attentif, au moindre signe blanc, je cherche surtout un
iceberg tabulaire. Petit à petit l’horizon devient blanc le pack approche,
nouvelle vague d’excitation, il est plus dense cette fois mais également
débâclé. Je perds vite la notion du temps dans cet univers inconnu, du blanc où
que porte le regard, j’ai l’impression de débarquer sur une autre planète, la
Planète Blanche.
Plus tard dans l’après-midi nous enchainons zone de pack et
d’eaux libres, l’Astro avance bien. Soudain une forme se découpe entre
l’horizon et la brume, encore indistincte mais elle semble s’étirer très loin,
l’équipage le confirme c’est bien un tabulaire et pas petit modèle, celui-ci
fait 30kms de long. Le chef de quart approche son bâtiment de ce mastodonte,
j’ai du mal à croire ce que je vois, il doit faire 20 à 30 m de haut,
impossible de dire précisément tant l’échelle est difficile à apprécier. On le
longe pendant un moment, l’écho radar semble le prolonger à l’infini, puis on
fini par s’éloigner notre route vers DDU est différente de la sienne.
Le pack n’est pas un désert stérile, nous croisons un
certain nombre de manchots de phoques et de baleines. Les plaques retournées
par notre passage laissent entrevoir des taches marrons, qui attestent de la
présence de Krill et de phytoplancton, la base de la chaine alimentaire dans
l’océan. Ceux d’entre nous qui ont déjà fait la traversé trouvent qu’on ne voit
pas beaucoup de vie par rapport aux rotations précédentes.
Dans la soirée, assis dans la cafeteria, je joue aux dés
avec deux collègues et deux marins, il est tard, d’un coup sans prévenir un mur
de glace passe devant le hublot, un vrai mur nous ne pouvons voir le sommet
depuis notre observatoire, on se précipite en passerelle. Un iceberg nous toise
tel une bête marine légendaire, sortant à peine de la brume dans le petit jour
de minuit, l’atmosphère est magique, surnaturelle.
Je reste un peu en passerelle avant d’aller me coucher, on
traverse maintenant des zones de banquises bien épaisses, le bateau tape
durement contre, grimpe sur la plaque avant de la faire céder sous son poids.
Parfois la banquise est trop épaisse, le pilote fait machine arrière pour
revenir avec un peu plus d’élan. Je vais me coucher fatigué mais avec des
images plein la tête.
Icebergs tabulaires |
Manchot empereur dans le pack |
Splendide !
RépondreSupprimerCe premier Empereur va beaucoup plaire, quel excellent support pédagogique pour découvrir et faire découvrir ces Terres Australes et Antarctiques…
Vivement la suite à DDU 😉
super récit et très belle plume.
RépondreSupprimercontinue à nous faire rêvez de désert blanc.
Prez
J ai l impression de lire un livre ! C est magnifique Merci de nous faire partager cette incroyable vie !
RépondreSupprimerJ t embrasse !
Cindy
Superbe! Zabardast! ;)
RépondreSupprimerWaouh ! Quelle prose....et quelle beauté que ce "paradis blanc" comme disait Monsieur Michel Berger.
RépondreSupprimerBonne chance pour cette expérience
Marc Dumortier
Je ne comprends pas pourquoi plus jeune t'avais des difficultés en français, c'est hyper bien écrit!
RépondreSupprimerEt ça a l'air chouette, profites!!
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerJ'adore, on a l'impression d'y être, vraiment bravo. Les photos sont très jolies.
RépondreSupprimerMerci de partager ton voyage !